[ITW TOP SHOOTERS] Pixelle, photographe de l’ombre 👻 qui met en lumière tournages et artistes

0
3108
Jain - Pixelle pour Pixedo Lab

On vous présente Pixelle, la photographe de l’ombre 👻 décidée à mettre en lumière les tournages et artistes

Présente toi en quelques lignes

Je suis Alex, pixelle, 28 ans, photographe professionnelle. Je suis spécialisée avant tout dans la photo de plateau, de concert, de reportage, ainsi que dans la réalisation de books d’artistes et de comédiens. Je viens de Blois dans le Loir et Cher.

Je fais de la photo depuis bientôt 10 ans par passion avant tout. Etant autodidacte, je suis partie de zéro. J’ai d’abord appris à apprivoiser mon premier appareil, pour comprendre les corrélations entre iso, ouverture et temps, pour avoir la photo que j’imaginais. Je me suis fait un book avec des références, et me suis mise à mon compte 3 ans plus tard (pro depuis 7 ans).

Qu’est-ce que aimes particulièrement dans la photographie ?

Je suis beaucoup dans la mélancolie du temps qui passe. Je me sert de la photographie comme d’un moyen de me souvenir des choses et des gens. C’est vraiment ça qui me plait.

Je veux toucher les gens, faire ressentir quelques chose, je veux les pousser à l’interprétation.

Comment tu définirais ton univers ?

La simplicité, c’est là que je trouve qu’une image ou un visage parle le plus.

Qu’est-ce qui t’a poussé vers ces types de photographie ?

Pour les plateaux de tournage, c’est un pur hasard, d’ailleurs c’est a ce moment là que j’ai décidé de vraiment faire de la photo. En assistant à un tournage de film d’époque qui avait lieu chez mon père, j’ai été impressionnée par l’atmosphère représentant un village moyenâgeux visuellement parfait et esthétique.

Un régal de pouvoir vivre dans des époques à chaque fois complètement différentes selon l’imagination de chaque réalisateur.

Pour la photo de concert, la musique a toujours été une grande passion. C’était logique pour moi de mêler les deux. Vivre l’ambiance des festivals et tournées, et des backstages avec les équipes.

Dans ces deux univers, j’aime montrer les coulisses et le travail des gens de l’ombre qu’on ne voit pas – et retranscrire une ambiance qui représente bien l’artiste.

Le portrait / le voyage, font également partie de moi. J’aime beaucoup le portrait. J’ai d’ailleurs commencé en photographiant mes amis.

La photographie d’architecture, paysage, et photographie animalière est un plaisir que je me garde quand je bouge un peu partout en France et à l’étranger, et que je fais découvrir lors d’expositions.

Ses 5 photos favorites

Pixelle pour Pixedo Lab

J’aime beaucoup ce que dégage les primates en photo. Je trouve leur regard profond et plein d’humanité.

 

 

 

 

 

Pixelle pour Pixedo Lab - Photographe de tournage

 

Pino : photo en pause sur le tournage d’un film franco-italien Ferdinand Knapp . J’ai choisi cette photo car on identifie souvent la personnalité d’un acteur aux rôles qu’il a au cinéma, j’aime beaucoup le contraste du plateau où l’acteur joue un rôle et les moments en off où l’acteur est juste lui avec sa timidité, sa pudeur, face à lui même.

 

 

Jain - Pixelle pour Pixedo LabPhoto de l’artiste Jain prise sur sa tournée Zanaka Tour.
J’ai choisi cette photo car la track « Paris » est un hommage aux attentats du 13 novembre; un message plein d’espoir et de paix. L’artiste est dans une bulle avec son public. J’étais émue à chaque date et la scénographie était très réussie.

Muse - Pixelle pour Pixedo Lab

 

Muse : je suis fan depuis ado; on m’avait dit si tu veux les voir bah achète le dvd… là j’ai eu l’honneur de pouvoir les shooter lors de la dernière tournée en France. Un vrai régal auditif et à 3m c’est quand même beaucoup plus sympa qu’en dvd !

 

 

 

Paysage - Pixelle pour Pixedo Lab

Paysage : photo lors d’un road trip au Connemara , région vraiment magnifique – des camaïeux de vert dingue. Je prépare actuellement mon prochain voyage en Islande en debut d’hiver.

 

equipe tournage Pixelle pour Pixedo Lab

 

 

Equipe technique en noir et blanc. Une photo qui montre l’effervescence d’un plateau de tournage.

 

 

Comment trouves-tu ton inspiration, et comment composes-tu tes images ?

Je fais tout au ressenti et sur le moment. L’instantané est primordial à mes yeux. Il n’y a que pour les tournages que je lis le scenario avant – forcement j’image des placements, des décors, des situations.

Je chéri le noir et blanc qui pour moi est la meilleure manière de sublimer un paysage, un portrait, en se focalisant sur le sujet et non sur le reste.

En terme de référence photo, des gens qui me fascinent, il y’a Peter Lindbergh, Helen Levitt, Sebastiao Salgado, Irving Penn. Pour des références plus « contemporaines », je me balade sur 1x ou 500 px. J’aime bien découvrir des artistes internationaux et voir les évolutions techniques.

L’instantané est primordial à mes yeux.

Pour la composition, toujours une question de feeling. Je test et je regarde si ça match – j’aime jouer sur la symétrie , que le rendu soit graphique où avec de la perspective, un peu comme un dessin ou une peinture.
Ma prise de vue est indépendante de ma post prod. Je shoote en JPEG car j’ai un picture style identique sur mes deux boitiers. Ca influe sur le contraste, la saturation, la teinte, et la netteté. Photos contrastée, teinte désaturée pour les visages par exemple.
Ca me permet d’aller vite pour m’occuper des images et les rendre (souvent demandées le jour même ou le plus tôt possible).

Pour le post traitement, je n’utilise que Ligthroom. Si je traite des photos de plateau, je joue sur les réglages de base – courbes – couleurs pour coller à l’image du film. Univers sombre /doux / glauque – teinte bleutée / verte / orangée. Je passe très peu de temps par image, sinon je jette.

Quelles sont les difficultés les plus fréquentes que tu rencontres et comment tu y remédies  ?

Sur un plateau de tournage, la difficulté est de trouver sa place, ne pas se faire remarquer déjà pour ne pas déranger les techniciens, car nous somme parfois très nombreux. Plus vous êtes discret, meilleures seront vos photos .
Je prends toujours les gens sur le vif je ne les fait pas poser, ce qui permet de vraiment capter quelque chose.

En concert, la difficulté première est la lumière car elle varie chaque 1/500 de seconde. Vous pouvez avoir la photo parfaite dans le viseur et hop c’est déjà trop tard. L’artiste bouge et vit son moment, donc il faut être réactif pour avoir un portrait, un moment spécial (saut par exemple) ou une interaction avec son public .

Pour la photo de voyage, ça peut paraître bête mais avec les tournages on a l’habitude d’avoir des lieux vides que ce soit des milieux naturels, lieux touristiques, rues… alors forcément en road trip on se retrouve avec des touristes. Il faut faire preuve de patience, attendre que les gens bougent pour avoir l’angle de vu souhaité, ou un lieu vide.

Le tout est vraiment de s’adapter à chaque situation – ne pas bugger si on a râté « LA photo », il y en aura d’autres.

Il faut être curieux pour parfois aller chercher l’inattendu, pouvoir s’adapter aux situations et aux gens qui vous entourent.

Focus photo de tournage

Sur un plateau de tournage, le photographe à la tache de mettre en image, l’essence du film, c’est-à-dire que le public doit pouvoir comprendre le film en regardant 20/30 images. Les photos servent à la promotion du film, et à la communication, comme l’affiche par exemple.
Je shoote également le off : sur un plateau nous sommes parfois 70. Ca va du régisseur, au cascadeur, perruquier, décorateur, machiniste, électricien, maquilleur…

J’aime prendre tous ces gens, c’est avant tout mettre en photo une aventure humaine.
Avant le tournage je lis le scenario – je fais « un découpage » où je note l’intérêt de chaque scènes, les lieux, les présences importantes de tel ou tel acteur. Je rencontre ensuite la production, le réalisateur – leur notifie les séquences que je trouve visuellement intéressantes (car nous ne venons pas tout les jours , il faut souvent se restreindre a quelques jours) et on se met d’accord sur une ligne de conduite où on me laisse complètement faire.
Il faut pouvoir retranscrire au mieux l’atmosphère du film, l’univers du réalisateur.
La spécificité de la photo de plateau, c’est qu’il ne faut pas faire de bruit lors d’une prise pour l’ingénieur du son. Mon boitier mirrorless me permet d’être au plus près de la caméra, des comédiens, sans les déranger et ainsi capter des émotions vraies, « jouées », mais vraies 🙂

Il existe également la solution du « blimp », caisson anti bruit mais qui est très onéreux et assez encombrant. Pour être toujours réactive, j’ai toujours mes deux boitiers sur moi.

Matériel

J’ai un sac Lowepro500 aw, super pratique car il s’ouvre dans le dos, pratique quand on bouge beaucoup pour la sécurité du materiel dans les transports. Il me permet de contenir mes 2 boitiers montés.

Mon boitier 5D mark 3 couplé avec un 70-200 Canon L II est idéal pour le concert avec son ouverture à 2.8, afin de récupérer de la lumière et avoir de beau bokeh en portrait (sans être vu).
Un Sony a7R2, un bijoux de technologie – très léger c’est un bonheur. Je l’ai pris avant tout pour les tournages (car mirrorless) monté (avec metabones) sur un 24-70mm Canon. Optique polyvalente qui me permet des vues globales, et d’être discrète.
Enfin, un 8 mm Peleng que j’utilise de temps en temps en architecture pour un effet surprenant.

Actu et projets

Je travaille sur une comédie musicale qui sort à la rentrée, ce qui me permet depuis quelques mois de suivre les répétitions, la création du show, jusqu’à la sortie du projet d’ici septembre dans une grande salle parisienne.

En cours, j’ai différents tournage de clips, longs métrages, covers pour des artistes français. A venir : un road trip en Islande et la préparation d’un livre ou d’une exposition photo.

Suivez-la !

Site : http:://pixellephoto.fr
Page Facebook : http://facebook.com/pixellephoto
Instagram : @alexpixelle

Bagde-top-shooters-Tournage_aout-2017

Laisser une réponse

Laissez votre commentaire
Entrez votre nom

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.